Collex-Bossy

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La campagne aux portes de Genève
20.09.2022

Retour sur la fête nationale : les discours officiels

Discours de Monsieur Ricardo Muñoz, maire

Madame le Maire de la ville du Grand-Saconnex,
Madame le Maire de la ville de Versoix,
Madame le Maire de la commune de Bellevue,
Monsieur le Maire de la commune de Genthod,
Monsieur le Maire de la commune de Pregny-Chambésy,
Madame la Conseillère administrative de la ville de Versoix,
Messieurs les Conseillers administratifs de la ville du Grand-Saconnex,
Monsieur le Conseiller administratif de la commune de Bellevue,
Madame l’Adjointe au Maire de la commune de Céligny,
Madame et Monsieur les Adjoints au Maire de la commune de Genthod,
Monsieur l’Adjoint au Maire de la ville de Ferney-Voltaire,
Monsieur le Président du Conseil d’administration des SIG,
Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux de Collex-Bossy,
Chers Collex-Bossyotes, chers amis de Collex-Bossy,

Quand j’ai commencé à réfléchir à mon discours pour notre fête nationale 2022, je me suis dit : que puis-je vous dire d’original sur la genèse de notre pays sans basculer dans ce que vous avez déjà entendu une fois ou l’autre. Je voulais aussi éviter de centrer mon propos sur la gravité de la situation qui nous entoure car cet évènement d’aujourd’hui se veut festif et porteur de la joie du « vivre ensemble ».

Ce vivre ensemble doit être cultivé avec de l’énergie, du respect, de la tolérance, de l’humilité, de l’amour et un but commun vers lequel se projeter. Et là je le tiens le thème de mon allocution : rappeler les valeurs du vivre ensemble, du faire ensemble, de s’intéresser à son prochain et de trouver ce fil conducteur commun pour notre collectivité.

Les crises, quelles qu’elles soient, ont ceci de bon qu’elles nous obligent à revisiter nos équilibres ; elles nous obligent à sortir de notre zone de confort pour repenser nos modèles de vie. Que ce soit dans la famille, dans l’entreprise ou dans une institution publique, elles sont l’occasion de remettre le muscle à nu et de le débarrasser des fioritures qui se sont accumulées avec le temps.

Nous vivons avec une crise géopolitique à l’est de l’Europe et des conflits armés sur tous les continents de notre planète, nous observons une crise migratoire à travers la Méditerranée, nous sommes prisonniers d’une crise sanitaire mondiale et la crise du climat a été annoncée en décembre 2019 par le Conseil d’Etat genevois lorsque l’urgence climatique a été décrétée.

Malgré ces crises à répétition, nous sommes là, résilients, fiers et heureux d’appartenir à une communauté, notre communauté de Collex-Bossy au sens large du terme, car j’y inclus nos amis et nos voisins ici présents, maintenant, avec nous.

Les crises, notre pays en a traversés pour bâtir ce livre de la mémoire qui nous permet de savoir d’où l’on vient pour mieux paver le chemin de demain.

Rappelez-vous, 1er août 1291, en Europe centrale, c’est la crise avec Rodolphe 1er de Habsbourg et les 3 représentants des premiers cantons suisses décident de sceller, ensemble, un pacte de soutien réciproque.

Cette alliance d’intérêt est le geste fondateur de quelque chose de grand, envié alentours et que nous devons cultiver avec sérieux et responsabilité.

Plus tard, le 11 décembre 1602, la mère Royaume et Isaac Mercier, accompagnés de tous les Genevois intra-muros, apportent une réponse concrète à la crise entre la République de Genève et la Maison de Savoie par leur acte fort de résistance face à l’envahisseur. Une année plus tard, en 1603, avec le soutien du roi de France, le traité de Saint-Julien desserre enfin l’étau sur notre République. Genève avait vécu libre et voulait vivre libre.

Encore plus tard, le 1er juin 1814, les Fribourgeois et les Soleurois débarquent à Genève au Port Noir, confirmant la fin du joug napoléonien sur notre République et accélérant le processus d’entrée de Genève dans la Confédération helvétique. Cette organisation multifacette permettra aux Genevois de conserver leur République et de s’allier à la force des Confédérés, connue et reconnue en Europe.

C’est dans le contexte de la négociation de l’entrée de Genève dans la Confédération helvétique que Collex-Bossy, notre Collex-Bossy, devient genevoise.

Crise après crise, pas après pas, bornés, obtus et visionnaires, nos prédécesseurs nous ont tracé le chemin vers la prospérité, le bien-être et la paix.

C’est un cadeau que nous devons tous cultiver à nos échelles respectives en le matérialisant dans nos relations à autrui avec les valeurs de tolérance, de respect, d’empathie et de bienveillance.

Car tous ici, autant que nous sommes, nous voulons le bien de notre commune. Nous voulons le bien de Collex-Bossy car nous aimons Collex-Bossy. Chacun a son idée, voire son chemin, pour essayer d’exprimer ce bien pour notre communauté et c’est tant mieux car toutes ces idées portent et nourrissent le débat et les échanges entre nous.

Nous avons traversé la crise sanitaire en mettant en place jour après jour la solidarité intergénérationnelle en dehors de la cellule familiale. Cette crise a éveillé des vocations et la mairie de Collex-Bossy s’est transformée en un véhicule portant le bénévolat entre nous. Cette situation a été le socle pour tenter de remettre en mouvement une dynamique pour nos seniors et je me réjouis de voir le programme à leur attention s’étoffer en différentes activités permettant de créer du lien entre eux, du lien avec la mairie et du lien avec les autres habitants de notre commune. A quand une association de seniors portés par eux-mêmes participant de façon active à la vie de notre village ?

Récemment, notre Conseil Municipal a décidé de réserver l’un des logements de l’ancienne poste à une famille de réfugiés ukrainiens. C’est un petit geste face à la catastrophe vécue en Ukraine mais c’est un geste de solidarité important pour une collectivité de 1'700 habitants face à cet immense drame.

Face à l’urgence climatique, il y a deux maîtres mots que je souhaite prononcer et qui devraient être notre fil conducteur : sobriété et frugalité. Ces mots nous demandent de réfléchir avant un acte de consommation et, croyez-moi, ils n’entrent pas dans le cadre de la privation ou de l’austérité.

Plusieurs réponses concrètes ont d’ores et déjà été apportées à cette urgence.

D’abord, c’est le renouvellement et l’automatisation de notre chaufferie à bois communale et l’assainissement lourd de l’enveloppe des bâtiments de la ferme Gindre-Constantin et de l’ancienne poste. Dès 2023, plus aucun bâtiment appartenant à la commune de Collex-Bossy ne produira de CO2 pour satisfaire ses besoins en chaleur et en eau chaude sanitaire.

Ensuite cela a été la mise en place des appels d’offres groupés pour les installations photovoltaïques qui vous permettent, vous propriétaires immobiliers, de participer à des conditions financières préférentielles, et avec un soutien technique important, aux objectifs cantonaux de production locale d’électricité. L’intérêt que vous avez manifesté pour cette action a été remarquable et je me réjouis que la mairie et les habitants de notre commune soyons portés par cet objectif commun.

Ces deux premières actions ont été récompensées par les SIG par l’attribution de deux prix de la transition énergétique en 2022.

Enfin, c’est le rôle que la mairie joue comme facilitateur entre les propriétaires des grandes toitures de notre commune, comme les hangars agricoles, et les SIG pour encore augmenter notre production locale d’électricité et limiter notre dépendance vis-à-vis de tiers. C’est aussi la mobilisation de vos autorités, aux côtés des propriétaires, pour sauver les installations hydrauliques de la Versoix, les forces motrices de la Versoix, qui produisent aujourd’hui 25% de l’électricité de la commune de Collex-Bossy ou l’équivalent de la toiture solaire du stade de Genève.

Dans un horizon proche, nous devrons agir et trouver les bons positionnements face aux projets cantonaux de décharges qui pourraient impacter notre territoire. A ce titre et par soucis de cohérence vis-à-vis de ces projets appelés à influencer la beauté de notre territoire, permettez-moi de rappeler l’importance de réduire notre production de déchets, de systématiser le tri en amont, tri qui nous permettra de basculer sans effort vers un modèle d’économie circulaire, au lieu du modèle économique linéaire hérité du milieu du XXe siècle.

Le déchet le plus facile à traiter reste toujours celui que nous ne produisons pas.

Finalement, l’un des grands chantiers que nous devrons ouvrir est celui en lien avec notre mobilité. Qu’il sera ardu ce chantier car il touchera à trois questions de fond pour nos habitants soit :
•    la relation à son véhicule privé, qui peut parfois être fusionnelle,
•    le stationnement sur l’espace public, qui alimente nos conversations quotidiennes,
•    la pacification de nos rues.
Nous devrons réfléchir à la mobilité de demain à Collex-Bossy ; qu’elle soit partagée, douce ou individuelle, chaque mode de mobilité devra trouver sa place sur notre territoire. La mobilité de transit restera et devra s’intégrer de façon respectueuse et équilibrée avec notre mobilité locale. La mobilité de nos agriculteurs devra être soignée et protégée afin de leur permettre un accès facilité à leur outil de travail. Les chemins vers l’école, vers la mairie et vers nos établissements publics devront être sécurisés.

Dans ce contexte, les places et les placettes devraient revivre et la rue devrait pouvoir redevenir le réceptacle de la rencontre spontanée entre nous, être accueillante et protectrice pour les piétons ; elles devraient offrir des coutures fortes et des transitions claires entre les différents espaces qu’elles mettent en lien.

Aujourd’hui devant vous, je plante des semis, qui produiront du grain à moudre et apporteront du pain sur la planche, que je souhaite pouvoir cuire dans notre four à bois. Sachez que je suis heureux et fier de me tenir devant vous ce soir, comme maire de cette belle commune de Collex-Bossy.

Être maire de Collex-Bossy est facilité par l’engagement de mes adjoints, Bernard Fracheboud et Skander Chahlaoui, est facilité aussi par l’envie de notre conseil municipal de passer par-dessus les éventuels courants politiques pour œuvrer pour le bien de notre commune, est facilité encore par l’engagement remarquable de tous les collaborateurs de la mairie, qu’ils soient au bureau, dans les bâtiments ou sur le terrain.

C’est à ces derniers ainsi qu’à tous les bénévoles qui œuvrent depuis ce matin que l’on doit la tenue de cet évènement et je souhaite de tout mon cœur tous les remercier et les féliciter pour leur travail.

Je crois en nous, habitants de Collex-Bossy, je crois en notre résilience, je crois en notre intelligence collective pour trouver l’itinéraire idoine permettant de construire la meilleure voie pour nos successeurs.

Vive Collex-Bossy, vive la République et canton de Genève et vive la Suisse

 

Discours de Monsieur Michel Balestra, président du Conseil d’administration des Services industriels de Genève

Chers Collex-Bossiots, chères Collex-Bossiotes,

Je sais, on sépare parfois le Collésien du Bossiot et, respectivement, la Collésienne de la Bossiote, mais avec les impératifs du langage inclusifs, cela aurait rendu cette introduction un brin besogneuse. Sans compter que tout ceci se complique du côté du Bossiot, que l’on pourrait nommer Bossiote, même au masculin…

Edmond-Victor Gaillard, auteur d’un livre de référence sur la commune, titre bien son ouvrage « Histoire des Collésiens et des Bossiotes ». Il y a de quoi y perdre deux ou trois certitudes.

De plus, ce soir, je pense que je m’adresse également à des non-Collex-Bossiots et des non Collex-Bossiotes venus en visite en cette veille de fête nationale. Ils et elles ont raison puisque la commune est des plus accueillante, charmant poumon de verdure dans une rive droite qui paraît parfois étouffer entre l’aéroport et la densité immobilière.

Votre petite campagne est un havre de paix à hauteur humaine. Ici, on respire local et ça fait un bien fou ! Parler local, c’est une évidence quand on est le Président du Conseil d’administration d’une régie autonome comme les Services Industriels de Genève. Le Canton, la Ville de Genève et les Communes sont en effet nos propriétaires. C’est donc avec tous les acteurs locaux, avec vous toutes et tous, que nous devons faire face aux défis énergétiques.

Car vous le savez, les enjeux énergétiques et climatiques n’ont jamais été à ce point importants. Le spectre d’une pénurie de gaz et d’électricité, agitée aux heures de canicule, démontre la fragilité de notre situation.

Pourtant, nous avons des atouts, nombreux. Et la politique de transition énergétique que nous menons, car des efforts et des réalisations impressionnantes fleurissent un peu partout sur le sol du Canton, ne sont pas les moindres.

Et la Commune de Collex-Bossy n’a pas attendu la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui puisque dès l’annonce de l’urgence climatique, en 2019, elle s’est mise en marche pour apporter des réponses concrètes ; par la révision de son plan directeur énergie, des rénovations du patrimoine immobilier, le renouvellement de son chauffage à distance communal et sa participation à l’appel d’offre groupé photovoltaïque coordonné par SIG. Collex-Bossy peut être fière de ses engagements, qui ont été récemment récompensés par l’attribution des prix de la transition énergétiques 2022 de SIG.

Ce qui est clair, c’est que notre approvisionnement énergétique et la qualité de l’énergie que nous consommons dépend d’abord de nous. La dépendance à des solutions extérieures est un risque que nous devons réduire d’urgence. Cela veut dire consommer moins et consommer mieux, et cela veut dire surtout, privilégier les partenariats avec les entreprises locales.

C’est le grand message que je voudrais faire passer. La transition vers des énergies plus propres, vers plus de sobriété énergétique, c’est également une chance pour notre tissu économique local.

Le grand projet de chaleur renouvelable que nous mettons aujourd’hui en place, et qui nous a été confié par les urnes par la population genevoise, est également une opportunité pour de nombreuses entreprises. Quand on évoque plus d’un milliard d’investissements, on estime que c’est la même somme qui va être générée au sein de l’économie genevoise.

C’est dire que les luttes que nous allons mener ne doivent pas uniquement être vues comme des contraintes, mais aussi comme des opportunités. Privilégier les solutions locales, se recentrer sur ce que nous maîtrisons, c’est juste du bon sens.
Mais l’idée, ce soir, n’est pas de vous abreuver de chiffres. Fêter, se rencontrer, c’est aussi oublier les affres du quotidien et les angoisses du lendemain.

Et si les années Covid nous ont appris quelque chose, c’est que rien ne vaut le plaisir d’être ensemble, en santé, et de profiter du temps qui nous est donné. Si Candide disait qu’il nous faut cultiver notre jardin, je dirais qu’il nous faut cultiver notre voisinage. Être là pour ceux qui nous sont proches. Cultiver les mains tendues.

Dans ce monde qui semble parfois perdre la tête, et ne pas savoir où il va, rappelons-nous que c’est unis que nous avons réussi à être ce que nous sommes.

La Suisse est la plus petite des grandes nations et nous n’avons pas cessé de progresser depuis ce jour historique de 1291. Continuons nos efforts pour poursuivre cette progression ces 700 prochaines années.

Ce sont nos spécificités et nos différences qui, conjuguées, nous ont permis d’être ce que nous sommes : un pays exemplaire au niveau de sa démocratie, avec une des économies les plus compétitives du monde.

Amies et amis de Collex-Bossy, c’est un vrai bonheur pour moi de passer ces quelques heures avec vous, pour fêter ensemble ce pays qui nous unit et qui nous est si cher !


Michel Balestra
Président de SIG